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Daniel Fisdiepas, président conseil des anciens de la grande chefferie Bouarat art des nouvelles calédoniennes Prison avec sursis pour le maire de Hienghène |
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Deux ans avaient été requis. Finalement, le maire de Hienghène a été condamné à neuf mois de prison avec
sursis, hier, par le tribunal de Koné. En mars dernier, il avait diligenté la destruction de deux habitations appartenant à une famille déclarée persona non grata par le grand-chef. L’affaire remonte au 15 mars. Ce samedi-là, à Ouaré, il est 6 heures quand Daniel Fisdiepas, président de l’Association des maires, maire de Hienghène et président du conseil des anciens, se présente à Lucien Ounine et lui fait part de la décision du grand-chef Bouarat de l’expulser des lieux, lui et toute sa famille. Il est accompagné d’une dizaine de sympathisants et évoque la possibilité d’incendier les maisons si l’intéressé n’obtempère pas. C’est ce qui finit par arriver après deux heures de discussion « polie mais ferme », selon le maire. Il n’y aura pas de victime, mais la famille indésirable n’aura d’autre choix que de quitter les lieux. Elle vit aujourd’hui à la Ouaième. Hier matin, au tribunal, neuf personnes, dont le maire, comparaissaient pour dégradation du bien d’autrui par substance explosive. Un maire qui était aussi accusé d’avoir diligenté cette « expédition ». Face au juge Rodriguez, il évoque « une décision coutumière » et son devoir, en tant que président du conseil, de la faire respecter. « Si on avait pu faire appel aux gendarmes, on l’aurait fait. C’est dommage d’en être arrivé là. » Les huit coaccusés reconnaissent collectivement les incendies, mais évoquent aussi « la violence et les caillassages de la famille Ounine ». Visiblement, les antagonismes ne datent pas d’aujourd’hui. « Si on avait pu faire appel aux gendarmes, on l’aurait fait » Appelé à s’exprimer, le vieux Ounine reste sur ses positions. « Moi, je suis né ici. Ce sont eux qui sont de passage. » Pour le juge, « s’il y a une décision coutumière, il y a un fondement. » Même s’il considère le recours à la force comme « intolérable ». Maître Arnon, l’avocat des dix-huit parties civiles parle quant à lui d’un « drame humain dont les principales victimes sont des enfants » et d’une « affaire criminelle » qui dépasse la compétence du tribunal de Koné. Tout en demandant son renvoi devant une cour d’assises, il chiffre à 22,5 millions de francs le préjudice matériel subi par le clan Ounine. Pour le procureur Ansquer, aucun doute : « Dans cette histoire, le maire de Hienghène a abusé de son influence, sachant que la municipalité est le premier employeur de la commune. » L’accusant d’avoir « utilisé et galvaudé la coutume » et jugeant « sa responsabilité lourde et entière », il a requis contre lui deux ans de prison dont un avec sursis, et contre les huit autres prévenus un an de prison dont trois mois ferme. Maître Labro, l’avocat de la défense, a clôturé les débats en insistant sur la décision coutumière d’expulsion qui a conduit aux actes répréhensibles et a mis en garde la cour des conséquences possibles de son jugement : « Si on remet en cause la décision du grand-chef, c’est tout le système coutumier que l’on remet en cause. » La cour l’a en partie suivi en condamnant Daniel Fisdiepas à neuf mois de prison avec sursis et les coaccusés à six mois de prison avec sursis. |
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